Cap sur Montréal, la mobilité d'Éléonore au Canada
Dans le cadre de sa dernière année de B.U.T Métiers de la Transition et de l’Efficacité Énergétiques à l’IUT de Nantes sur l'année universitaire 2024-2025, Éléonore Hamon a choisi de partir un an en échange international à l’ÉTS Montréal. Elle revient pour nous sur cette expérience qui a marqué son parcours, tant sur le plan académique que personnel.
Bonjour Éléonore, pouvez-vous nous expliquez ce qui vous a motivé à partir en mobilité internationale ?
Au départ, je n’étais pas certaine de vouloir partir. J’ai simplement assisté aux réunions d’information, “pour voir”. Petit à petit, je me suis rendu compte que c’était une vraie opportunité. Au début, je pensais plutôt partir en Irlande. En en parlant autour de moi, plusieurs personnes m’ont fait remarquer que le Canada était une occasion plus rare, plus lointaine, et que je n’aurais peut-être pas l’opportunité d’y retourner plus tard. Au-delà de la destination, je cherchais surtout une expérience de vie : découvrir un autre univers, un autre système académique, une autre culture, et sortir de mon quotidien à l’IUT.
Le fait que l’échange dure un an a aussi beaucoup compté : cela permet de vivre toutes les saisons sur place et de s’immerger réellement dans la vie locale.
- Comment s’organise un départ comme celui-ci ?
Il faut être conscient qu’il y a de nombreuses démarches administratives et que cela prend du temps. Il y a les formalités liées aux visas, aux documents d’acceptation pour le Québec et le Canada, mais aussi les dossiers à constituer auprès de l’IUT et pour obtenir des bourses. Plusieurs aides sont possibles, comme les bourses AMI, Envoléo ou celles du CROUS selon la situation de chacun.
Pour Montréal, l’échange se fait avec l’ÉTS Montréal, qui entretient déjà des liens avec l’IUT.
Nous sommes accompagnés tout au long du processus : réunions, vidéos explicatives, mails, liens vers les démarches… tout se fait étape par étape, et on peut toujours poser des questions.
Il faut prévoir le billet d’avion, environ 500 € ou plus selon la période. Les frais de scolarité sont pris en charge par l’IUT. Pour le logement, il faut compter environ 600 € par mois. Les dépenses courantes (alimentation, courses) se situent autour de 200 à 300 € mensuels. Et bien sûr, il faut prévoir un budget pour les loisirs et les découvertes.
- Comment se sont passés les premiers jours à l’ETS ?
Le premier jour, on découvre un établissement immense : cinq grands bâtiments, et il y a beaucoup de monde, l’ÉTS accueillent environ 11 000 étudiants donc c’est assez impressionnant ! Ce qui marque immédiatement, c’est l’accent québécois. On parle français, mais on sent vraiment que l’on est ailleurs. Ensuite, tout s’enchaîne très vite : les cours commencent, on rencontre du monde, et on n’a finalement pas le temps de trop s’inquiéter. L’année passe vraiment vite !
- Y avait-il de grosses différences entre les cours à l’ÉTS et ceux de l’IUT ?
Il faut savoir qu’à la base j’étais en B.U.T MT2E à l’IUT, à l’ÉTS j’ai suivi des cours en Génie Civil, un parcours qui se rapprochait le plus de ma formation initiale. Tous les examens se déroulent dans l’établissement d’accueil mais je suis bien diplômée de l’IUT de Nantes grâce aux équivalences.
L’organisation est très différente. On choisit soi-même son emploi du temps.
Une session dure quatre mois, avec quatre cours, et on garde le même planning chaque semaine.
Chaque cours comprend environ 4 heures de théorie et 4 heures de pratique, réparties selon nos choix. On peut avoir cours jusqu’au samedi, avec des journées qui vont parfois de 8h à 21h30, et d’autres beaucoup plus légères qui se terminent à 12h. Tous les cours sont dispensés en français, même si l’accent demande un petit temps d’adaptation.
J’ai beaucoup aimé le travail en groupe. Il y a une vraie communication autour des projets, avec des outils mis en place dès le départ pour assurer la cohésion de l’équipe. Le fait d’avoir les mêmes cours pendant quatre mois permet aussi d’approfondir réellement les sujets. J’ai ressenti un véritable apprentissage, que ce soit en construction, en calculs ou en mécanique.
- As-tu effectué un stage sur place ?
Oui, j’ai réalisé un stage de quatre mois en gestion de projet dans une petite entreprise. Les stages à Montréal sont très bien rémunérés, ce qui est un vrai avantage. J’ai fait du suivi de chantier, travaillé sur des permis, et aidé mes collègues au quotidien. Nous sommes accompagnés dans la recherche de stage, mais il faut savoir que c’est assez compétitif car beaucoup d’étudiants cherchent en même temps.
- As-tu réussi à t’intégrer facilement ?
Oui, assez facilement. J’ai surtout rencontré d’autres étudiants français, notamment grâce à la colocation. Les Québécois sont très accueillants, mais ils ont déjà leur cercle familial et amical, donc on se rapproche naturellement des autres étudiants en mobilité. Je vivais dans le quartier du Plateau, où il y a beaucoup de Français. Pour la vie quotidienne, je n’ai pas été trop dépaysée : on trouve les mêmes produits qu’en France, il y a même des épiceries françaises. Ce qui m’a le plus surprise, c’était vraiment la partie scolaire, beaucoup plus que la vie quotidienne.
- Et le Canada alors, c’est comment ?
Il y a énormément de choses à voir. La ville de Montréal bien sûr, mais aussi la ville de Québec. La nature est très présente, avec beaucoup de randonnées et de paysages magnifiques, surtout à l’automne.
Les Québécois vont souvent dans des chalets, j’ai pu en faire l’expérience. L’hiver, on peut faire des raquettes dans la neige. Et la proximité avec les États-Unis permet de voyager facilement en bus, notamment vers Boston ou New York.
Un souvenir marquant : les festivals en hiver, en pleine neige, tout le monde en tenue de ski, couvert de la tête aux pieds, à écouter de la musique dehors. C’était une expérience vraiment unique.
- Qu’est-ce que cette expérience t’a apporté personnellement ?
Cela m’a rendue beaucoup plus débrouillarde. Quand on part seule à l’étranger, sans repères, il faut tout réapprendre, même les choses les plus simples. Socialement aussi, c’est très formateur. On recrée des amitiés, on rencontre des personnes d’horizons très différents, avec des parcours variés.
On apprend énormément sur les autres et sur soi-même. Cette expérience m’a donné envie de continuer à découvrir, à voyager, à aller toujours plus loin. Ce que je retiendrai le plus, ce sont les rencontres amicales que j’ai faites pendant cette année.
- Quel conseil donnerais-tu aux étudiants qui hésitent à partir ?
De ne surtout pas hésiter. C’est une opportunité exceptionnelle d’avoir des études prises en charge et de pouvoir vivre une telle expérience. On apprend énormément, on découvre beaucoup, et on en ressort grandi. Il faut y aller.