Concours 2015

La remise des prix organisée en octobre 2015 a permis de récompenser deux étudiants :
  • Prix du jury : Manon-Anne Le Corre pour "Secret mortel"
  • Prix du public : Johana Dreano pour "Colette"
> Les nouvelles sont à lire ci-dessous

Nouvelles 2014-2015 : le secret de l'autre

Le thème proposé pour l'atelier d'écriture 2014-2015 était "Le secret de l'autre" afin de faire réfléchir les étudiants sur la diversité à l'IUT (profils, formations...) et les sensibiliser à la différence et à l'altérité, dans un contexte où les étudiants de disciplines différentes se côtoient sans nécessairement s'intéresser à leurs semblables.

Découvrez les 8 nouvelles produites par les étudiants :

Colette

Je m'appelle Colette Hazel, tous les matins, je prends mon thé et mes tartines en écoutant FM Jazz ; ma radio américaine préférée. Je suis assise à ma table de cuisine, dans ce village, non très loin de Lille. Il est sept heures du matin, quand survient le swing sur lequel j'avais rencontré John. L'envie soudaine de danser me prend alors. Je me lève de la chaise pour monter le son de la chaîne hi-fi, puis je m'avance vers le salon, j'enlève mes chaussons pour me mettre à l'aise. Je fais un pas, deux pas, un twist et le trou noir.

Silence, j'écoute

Tendre les jambes. Reculer sur la coulisse. Pendre le torse en arrière. Tirer sur les avirons en les plongeant de biais dans l'eau.
Boom Boom Boom
Relever les pelles.
Boom
Avancer sur la coulisse.
Boom
Plier les jambes.
Boom
Rabattre les pelles en arrière.
Boom
Shawn cadence son geste. Il a pris vingt mètres d'avance sur le peloton. Les participants à la course d'aviron le voient s'échapper avec stupéfaction.

Jardin secret

Ça pourrait se passer comme ça.
Le vent retentissait, comme un sifflement glacial, couvrant la cacophonie infernale des oiseaux, volant d'arbre en arbre, légers et libres, si on oubliait leur intelligence quasi-inexistante qui leur empêchait d'avoir un libre-arbitre.
Le gris du ciel, contrastant avec l'océan brun des chênes s'étalant sous lui, offrait un spectacle surprenant mais froid. Les branches grinçaient, entrainant dans leur danse les feuilles qui les ornaient. Les arbres se balançaient, accordés parfaitement sur le rythme que leur imposait la puissance assourdissante du vent.

Objectif passé

Il était accoudé au comptoir du bar, le visage fermé. Il avait la tête baissée mais malgré son chapeau on apercevait un visage rougi et durci par les années. Dans son costume gris sombre ses larges épaules laissaient paraitre un homme solide.
Bien qu'ayant un imposant physique et un caractère bien trempé, James n'était pas quelqu'un de très méchant. Il avait déjà été condamné pour ivresse sur la voie publique et quelques bagarres tard dans la nuit, mais rien d'exceptionnel pour un New-Yorkais dans son genre. Il préférait fuir le regard des gens, passer inaperçu même si ce n'était pas chose facile pour lui. Le peu d'amis qu'il avait savaient apprécier James à sa juste valeur et se fichaient des impressions qu'il pouvait laisser.

Dérives

Il avait toujours aimé les voyages, mais cette fois c'était différent. Cette fois Antoine avait une mission. Il le savait. Mais depuis qu'il avait pris le large, il ne savait toujours pas laquelle.
Les nuages avancent à grande allure, et le vent souffle étonnamment fort pour un mois de mai. Dans le ciel grisonnant tournoient et jacassent les mouettes. L'océan se déchaîne et le bateau danse au gré des vagues. Les voiles du bateau, seule pointe de couleur dans cette étendue grise formée par l'enlacement de la mer et du ciel, se balancent de droite à gauche comme pour attirer l'œil. À l'arrière un jeune homme allongé sous un torrent de pluie garde les yeux clos, comme si il n'avait plus d'espoir, et que le doute l'a définitivement envahi.

Fausse apparence

Le vent soufflait sur les chênes. La pluie coulait le long des trottoirs. Les rues sombres se laissaient dessiner par la lumière que projetaient les grands lampadaires. La place principale, silencieuse du petit bourg était vaste. Au loin, l'Eglise où chaque samedi sonnaient les cloches annoncent midi. Son architecture en fascinait plus d'un. Sa porte d'un bois ancien était similaire au pont levis d'un château. Au pied de celle-ci, un homme, allongé sur le sol pourtant éveillé. Il contemplait les gouttes qui venaient le rincer. Richement vêtu, son caban fermé était sali par la terre sur laquelle il avait roulé. Seul, son visage paraissait crispé. Il ne bougeait pas, comme paralysé par la fraîcheur d'une nuit d'hiver. Il restait là, regardant le ciel sans repère.

Un secret, pour une nouvelle vie

Il avait décidé de se lever pour regarder la télé, au beau milieu de la nuit. Il descendait les escaliers sans faire de bruit pour ne réveiller personne. A son âge ses parents ne voyaient jamais d'un bon oeil qu'il reste éveillé la nuit. Chaque pas était minutieusement calculé. Il franchit les premières marches, mais glissa sur la dernière. Un cri de douleur, le bruit de sa tête contre le meuble de l'entrée, il fallait un miracle pour que personne ne se soit réveillé.

Secret mortel

Maurice Delvaux ne parlait pas à sa femme.
Il ne souriait pas non plus, sauf lorsqu'il regardait un de ces programmes télé qu'il aimait tant.
A force de rester affalé sur son fauteuil, (ou était-ce à cause de toutes ces bières qu'il buvait ?), il avait développé un ventre très proéminent qui dépassait de son t-shirt. Toute la journée, il restait là. Le regard rivé sur l'écran, derrière ses grandes lunettes, démodées depuis les années 80. Il ne sortait plus beaucoup de chez lui depuis deux semaines, c'est pourquoi il n'accordait plus trop d'importance à son apparence : à la calvitie qu'il ne tentait plus de dissimuler, à la barbe qu'il n'avait plus rasé depuis des mois, et qui recouvrait son visage rond, ni même à son hygiène. De toute façon, Maurice était marié, mais il n'aimait plus sa femme. Il était banquier, mais n'aimait plus son boulot. Ce qu'il voulait maintenant, c'était rester assis là, et ne penser à rien.

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